La peinture me permet de saisir la nature et de l'exprimer selon mon être intérieur.
Elle me conduit naturellement vers une introspection . Ma démarche pour atteindre la vérité du sujet, saisir son essence même, passe par différents stades. Le premier étant de pénétrer l'intérieur de celui-ci pour s'en imprégner afin de le projeter sur la toile.
" Le peintre cherche à se retrouver dans l'élément premier, partager la solitude, accompagner d'un trait d'encre la vie d'une goutte d'eau". P.Alechinsky
Il est difficile d'expliquer exactement comment naît l'oeuvre, parfois le nom du tableau annonce sa venue. A ce propos, je me sens proche de l'analyse de Roland Barthes, dans son article "La mort de l'Auteur" en 1968. Ainsi, la peinture elle seule est créatrice, le peintre n'est que l'outil nécessaire à son expression. La toile est le lieu d'une production issue des mille et une influences, rencontres, chocs visuels... que subit le peintre. Selon Roland Barthes, le texte moderne implique la mort de l'Auteur, d'où procède la naissance du scripteur.
Comme le scripteur moderne naît en même temps que son texte, le peintre naît de sa toile. L'oeuvre trouve autant son unicité non dans son origine que dans sa destination, son ressenti en chacun de nous.
la vérité doit sa révélation au mensonge, la transparence à l'opacité. Elle reste inacessible comme l'est ma propre image dans la glace.
En travaillant l'huile encore et encore je m'aperçois qu'elle se suffit à elle-même. C'est une matière vivante, vecteur du message qu'elle porte et réalise le "transfert" en prenant place sur la toile. L'espace d'un instant elle m'appartient je crois la saisir mais ce n'est qu'une apparence et elle finit par se cristaliser sur la toile.